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Près de la moitié des salariés en Europe estiment que le stress fait partie de leur quotidien sur le lieu de travail, selon une étude de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail. Et les entreprises françaises ne sont pas celles qui prennent le meilleur soin de leurs employés : sur les 36 pays concernés, la France se classe en effet à un peu flatteur 29e rang en matière d’évaluation des risques psychosociaux (RPS) par le personnel interne. Comme le précise Les Echos dans un article récent, « le rapport pointe la faiblesse des plans d’action destinés à gérer les facteurs de risques psychosociaux au sein des entreprises (France 29 % versus moyenne UE à 33 %) ». Le manque de formation des managers à la prévention des RPS est également mis à l’index puisque 46 % seulement des entreprises françaises ont formé leurs managers contre 73 % des entreprises européennes en moyenne.

Or cette absence de bien-être au travail a un coût : les RPS ont des conséquences psychologiques et physiques négatives (stress, surmenage, dépression…) et seraient ainsi responsables de près de la moitié de l’ensemble des jours de travail perdus. Il est donc primordial pour les entreprises de mettre en place une stratégie de lutte contre ces risques, mais encore faut-il savoir les reconnaître. Selon l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité), les RPS apparaissent suite à des situations de travail où sont présents, combinés ou non :

  • du stress, causé par un déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes de son environnement de travail et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ;
  • des violences internes commises au sein de l’entreprise par des salariés : harcèlement moral ou sexuel, conflits exacerbés entre employés ou équipes ;
  • des violences externes commises sur des salariés par des personnes qui ne sont pas liées à l’entreprise (insultes, menaces, agressions…).

De même, parmi les conditions de travail susceptibles de produire des RPS, on peut citer :

  • une surcharge de travail ;
  • des exigences contradictoires et un manque de clarté sur la fonction à remplir ;
  • des changements organisationnels mal gérés et l’insécurité de l’emploi ;
  • une communication inefficace et un manque de soutien des managers ou des collègues.

L’exposition continue à de telles situations impacte la santé des salariés à divers degrés : troubles musculo-squelettiques, maladies cardio-vasculaires, dépression ou « burn-out » (épuisement professionnel). Depuis 2001, tout employeur est ainsi dans l’obligation de recenser les risques présents dans son entreprise, d’évaluer leur gravité, leur probabilité de survenue et de consigner ces informations dans un DUERP, ou Document unique d’évaluation des risques professionnels. Certaines entreprises vont plus loin que leurs obligations légales : elles mettent par exemple en place des cellules psychologiques, voire des « Numéros verts » que les salariés à risque peuvent appeler. Autre solution pour réduire les RPS : proposer aux salariés des formations à la gestion du stress en entreprise, telles que les ateliers Gestion du stress adaptés à cette problématique et proposés par Ergotonic.

Et quand l’entreprise ne propose rien et que le malaise s’installe, que peut faire un salarié ? « Dès que cela ne va pas, il faut aller voir le médecin du travail, explique Pierre Blanc-Sahnoun, thérapeute d’entreprise, dans un entretien au magazine Psychologies. L’entreprise est censée assurer la santé physique et psychique des salariés. Elle peut créer des lieux de parole pour les salariés qui ne vont pas bien, avant qu’ils ne se retrouvent poussés aux extrémités en raison de l’absence de ce dialogue. » En conclusion, il ajoute : « Le changement doit d’abord venir du comité de direction ».

 

Sources :

Les Echos, « Bien-être au travail : la France sans strass, mais pas sans stress ». Lien : http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-154799-bien-etre-au-travail-la-france-sans-strass-mais-pas-sans-stress-1204217.php

INRS (Institut national de recherche et de sécurité), « Risques psychosociaux : ce qu’il faut retenir ». Lien : http://www.inrs.fr/risques/psychosociaux/ce-qu-il-faut-retenir.html

Psychologies, « Quand le travail fait mal ». Lien : http://www.psychologies.com/Travail/Souffrance-au-travail/Stress-au-travail/Articles-et-Dossiers/Quand-le-travail-fait-mal/Recreer-des-communautes-humaines-fortes-dans-les-entreprises

 

Illustration: nomadsoul1

A propos de patrick Scherer

Patrick Scherer est journaliste il obtient un Bachelor of Art en 1984 à l'université de new york. Il a été le rédacteur en chef de PC Direct de 1992 à 1999 puis devient le rédacteur en chef adjoint du magazine ça m'intéresse et de divers autres magazines du groupe Prisma presse. A partir de 2005, il est le directeur éditorial de l'agence new BBDO. Puis il devient consultant indépendant à partir de 2013 et propose ses services de rédaction en chef et de direction éditoriale en tant que freelance.

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