Les effets du massage de relaxation sur le stress des employés en entreprise - Mécanismes physiologiques du stress











Le stress est une réaction de l’organisme pour se défendre contre les agressions. Afin d’augmenter la capacité à se confronter à une situation stressante, l’organisme doit modifier la fonction physiologique de tous les organes qui concernent sa défense en mobilisant un niveau maximum de l’énergie pour garantir la capacité maximum à lutter ou fuir.
Il y a trois grands systèmes qui sont impliqués dans le syndrome général d’adaptation :
• le système hypothalamo-sympathico-adrénergique,
• le système hypothalamo-hypophyso-surrénal,
• le système nerveux central.

Tous ces systèmes interviennent par des circuits divers que l’on a voulu systématiser, isoler, mais ils restent dépendants les uns des autres par de multiples connections, pour alerter les centres supérieurs mobilisés dans la réaction d’adaptation. Ces centres sont : les formations réticulées du tronc cérébral, le thalamus, le cortex, le système limbique (contenant l’amygdale, l’hippocampe et le septum), le locus coeruleus, et l’hypothalamus.

Le système nerveux central

Dans une situation de danger, le signal arrive d’abord au thalamus, qui est situé dans le diencéphale. Le thalamus est le principal relais pour les influx sensitifs provenant de la moelle épinière, du tronc cérébral, du cervelet et de différentes parties du cerveau. Il permet la perception grossière de certaines sensations et notamment de la douleur, de la température et de la pression.


Puis le thalamus envoie le signal à deux voies : une voie passe par le système limbique (au niveau de l’amygdale), c’est la voie courte. L’autre voie part du thalamus pour gagner le cortex, qui après interprétation du signal, transmet l’information à l’amygdale. Il s’agit de la voie longue. Cela explique pourquoi dans certaines situations la peur est ressentie immédiatement. La peur vient du signal de la voie courte. Après avoir repris conscience, l’individu peut réagir de manière plus raisonnable grâce à l’arrivée du signal de la voie longue.

 


Figure 2 : Schéma représentant l’intégration d’un stimulus par le SNC



L’amygdale se connecte à l’hippocampe. Tous les deux fonctionnent sur la mémoire et l’émotion. L’hippocampe a une fonction particulière sur la mémoire à long terme, permettant de reconnaître des situations dangereuses ou non. L’amygdale joue un rôle dans la réponse aux stimuli provoquant la peur et l’anxiété. Elle semble moduler toutes nos réactions à des événements (danger imminent, présence de nourriture…) qui ont une grande importance pour notre survie.
Le système limbique émet un signal au tronc cérébral et à l’hypothalamus.

Figure 3 : Schéma du système limbique

  • Le système hypothalamo-sympathico-adrénergique

Ce système intervient lors de la phase d’alerte du syndrome général d’adaptation de Selye. Il met en jeu l’hypothalamus, le système nerveux autonome et les médullosurrénales.
  • Rôle de l’hypothalamus

Le stimulus d’un stresseur va être transmis à l’hypothalamus via le système limbique. L’hypothalamus est une glande endocrine située entre le tronc cérébral et le cerveau. Il appartient au diencéphale. L’hypothalamus contrôle la plupart des fonctions végétatives et endocriniennes de l’organisme, en plus de plusieurs aspects du comportement émotionnel.
Durant la phase d’alerte, l’hypothalamus va stimuler le système orthosympathique du système nerveux autonome.
  • Rôle du système nerveux autonome

Le système nerveux autonome (SNA) est la partie du système nerveux responsable du contrôle des fonctions viscérales. Ce système aide à réguler la pression artérielle, le péristaltisme et les sécrétions du tube digestif, la vidange de la vessie, la transpiration, la température corporelle, l’activité des muscles lisses du corps humain et du myocarde, l’activité de certaines glandes, et il intervient dans de nombreuses autres activités.

La composante motrice du système nerveux autonome est divisée en deux grands systèmes : le système orthosympathique et le système parasympathique.
La plupart des organes reçoivent une double innervation, c'est-à-dire qu’ils reçoivent des fibres nerveuses orthosympathiques et parasympathiques, qui ont un effet antagoniste.
On attribue au système parasympathique un effet inhibiteur sur les organes viscéraux.

Le système orthosympathique est également appelé système activateur car il a une fonction excitatrice sur la plupart des organes viscéraux, excepté pour le système végétatif et pour les glandes sudoripares. Les fibres nerveuses du système orthosympathique libèrent de la noradrénaline. La noradrénaline est une catécholamine qui va agir sur plusieurs organes effecteurs viscéraux.
Au cours de la phase d’alerte, l’activation du système nerveux orthosympathique par l’hypothalamus provoque une libération de noradrénaline. Les principales modifications engendrées par la noradrénaline sont les suivantes :

• Au niveau cardio-vasculaire : il y a augmentation de la fréquence cardiaque ; vasodilatation au niveau musculaire, des poumons et de l’encéphale ; dilatation des pupilles ; diminution du temps de coagulation du sang et il y a l’augmentation de la glycémie sanguine.
• Au niveau respiratoire, il y a augmentation de la fréquence respiratoire et il y a une dilatation des voies aériennes.
• Au niveau musculaire, le tonus des muscles augmente.
• Au niveau cutané : il y a une vasoconstriction, augmentation de la sudation et horripilation (les poils se dressent).
• On constate une vasoconstriction dans la plupart des viscères.
• Il y a mobilisation de l’énergie par lipolyse et glycogénolyse (destruction des graisses et du glycogène, moyen de stockage du glucose) afin de fournir du combustible (acides gras et glucose) à l’organisme.
• Et enfin, au niveau digestif, la motilité digestive diminue.
Figure 4 : Libération de NA par le neurone postganglionnaire orthosympathique

Les fibres orthosympathiques du SNA vont aussi stimuler les médullosurrénales.

  • Rôle des médullosurrénales

Les médullosurrénales sont situées au centre des glandes surrénales et elles constituent 10% de la masse de ces glandes. La stimulation orthosympathique des médullosurrénales provoque la libération de grandes quantités de noradrénaline et d’adrénaline dans la circulation sanguine. Ces deux hormones sont transportées par le sang et distribuées à tous les tissus de l’organisme.
La sécrétion des médullosurrénales est composée environ de 80 % d’adrénaline et de 20 % de noradrénaline. L’adrénaline et la noradrénaline ont une fonction quasiment équivalente. Toutefois, leurs effets diffèrent sur certains points. Par exemple, l’adrénaline exerce un plus grand effet sur l’activité cardiaque que la noradrénaline. Ces deux hormones circulantes exercent presque les mêmes effets que la stimulation orthosympathique sur les divers organes. Cependant elles sont cinq à dix fois plus durables, parce qu’elles sont dégradées lentement dans la circulation sanguine.

L’adrénaline et la noradrénaline sont presque toujours libérées par la médullosurrénale en même temps que les divers organes sont activés par les nerfs orthosympathiques. Ainsi les différents organes du corps peuvent être stimulés simultanément de deux façons : directement par les nerfs sympathiques et indirectement par les hormones des médullosurrénales.
  • Effets du système hypothalamo-sympathico-adrénergique

    Au cours de la phase d’alerte, le système hypothalamo-sympathico-adrénergique libère deux catécholamines : l’adrénaline et la noradrénaline. Ces deux hormones entraînent des changements physiologiques au sein de l’organisme. Ces modifications physiologiques permettent d’alimenter rapidement et massivement le cerveau et les muscles en oxygène, afin d’être plus vigilant, de préparer instantanément le corps à une action physique brutale. L’organisme est plus réceptif à toutes sensations, comme l’ouïe, la vision ou les odeurs.
Le système hypothalamo-sympathico-adrénergique est qualifié d’axe rapide, car l’effet de ce système est instantanément ressenti sur l’organisme.


Figure 5 : Le système hypothalamo-sympathico-adrénergique

Nous sommes génétiquement programmés à cette réponse primaire à l’instar des autres mammifères. Mais aujourd’hui, cette réponse biologique, innée et spontanée, s’avère inutile dans de nombreuses situations : ni une action de combat ni une action de fuite ne peuvent résoudre le fait d’arriver en retard à un rendez-vous, lorsque nous sommes coincés dans un embouteillage de voitures par exemple. Ce système serait souvent inadapté aux stresseurs actuels. En effet, ces derniers sont beaucoup plus psychologiques que physiques, c’est pourquoi nous devons inhiber cette action primaire.
  • Le système hypothalamo-hypophyso-surrénal

Le système hypothalamo-hypophyso-surrénal intervient lors de la phase de résistance du syndrome général d’adaptation de Selye. Dans cette phase, le stresseur se maintient.
Ce système implique l’hypothalamus, l’hypophyse et le cortex surrénal.
  • Rôle de l’hypothalamus

L’hypothalamus est une glande endocrine. Dans la phase de résistance, lorsque le système limbique transmet le signal du stresseur à l’hypothalamus, ce dernier va sécréter des hormones.
Parmi les hormones libérées par l’hypothalamus, il y a trois hormones principales qui sont mises en jeu lors de la réaction de stress. Il s’agit de la corticolibérine ou CRH (Corticotropin Releasing hormone), de la somatocrinine ou GHRH (Growth Hormone Releasing hormone) et de la thyréolibérine ou TRH (Thyrotropin releasing hormone).
Ces hormones agissent sur une autre glande endocrine, l’hypophyse.
  • Rôle de l’hypophyse

L’hypophyse est située sous l’hypothalamus et est reliée à ce dernier par une tige, appelée infundibulum. L’hypophyse est constituée anatomiquement de deux parties : l’adénohypophyse et la neurohypophyse. Elles ont chacune des fonctions différentes. C’est principalement l’adénohypophyse qui intervient dans les réactions de stress.

Figure 6 : Hypothalamus et Hypophyse

L’adénohypophyse est le lobe antérieur de l’hypophyse. Elle constitue 75 % de la masse totale de la glande. Elle secrète des hormones qui régulent toute une gamme d’activités de l’organisme. Leur libération est stimulée par les hormones de libération et freinée par les hormones d’inhibition de l’hypothalamus.
Ces hormones constituent un lien important entre le système endocrinien et le système nerveux. L’hypothalamus et l’adénohypophyse sont reliés par un système porte : ce système transporte le sang entre deux réseaux capillaires sans passer par le cœur. C’est par ce système porte que les hormones hypothalamiques gagnent l’hypophyse.
Lors de la phase de résistance, l’adénohypophyse sécrète trois hormones principales :

• L’hGH (Human Growth hormone) ou hormone de croissance ou somatotrophine est stimulée par la GHRH de l’hypothalamus. Parmi ses nombreuses fonctions, l’hGH agit sur le foie, en favorisant le catabolisme des triglycérides et la glycogénolyse, nécessaire pour apporter de « l’énergie » à l’organisme.

Figure 7 : Action de l’hypophyse sur le foie

• La TSH (Tyroid-Stimulating Hormone) ou thyrotrophine régit les sécrétions et les autres activités de la glande thyroïde. La TSH est stimulée par la TRH de l’hypothalamus. La TSH stimule les hormones thyroïdiennes T3 et T4. Ces dernières hormones vont favoriser la glycolyse afin d’augmenter la production d’Adénosine Triphosphate (ATP). Cette production d’ATP va aider l’organisme à lutter contre le stress en fournissant de l’énergie aux cellules.

Figure 8 : Action de l’hypophyse sur la glande thyroïde


• l’ACTH (Adrenocorticotropic Hormone) ou corticotrophine est stimulée par la CRH. Elle stimule les glucocorticoïdes du cortex surrénal.
Figure 9 : Action de l’hypophyse sur les corticosurrénales

  • Rôle du cortex surrénal


Le cortex surrénal est situé à la périphérie de la glande surrénale et il constitue environ 90 % de la masse de cette glande. Il secrète des glucocorticoïdes, dont le rôle est la régulation du métabolisme et de la résistance au stress. Ils comprennent le cortisol, la cortisone et la corticostérone. Parmi ces trois hormones, le cortisol est le plus abondant, il assure 95 % de l’activité des glucocorticoïdes.


Figure 10 : Libération de cortisol par les corticosurrénales
Les glucocorticoïdes ont trois grands rôles :

• Effets métaboliques :
- les glucocorticoïdes accélèrent la dégradation des protéines, augmentant ainsi la libération d’acides aminés dans le sang. Ces acides aminés peuvent servir à la synthèse de nouvelles protéines plasmatiques (grâce aux cellules du foie), ou être utilisés par d’autres cellules pour la production d’ATP.
- Ils participent à la néoglucogenèse (formation de glucose à partir d’éléments non glucidiques par le foie).
- Ils stimulent la lipolyse.
- Ils inhibent l’entrée et l’utilisation du glucose dans de nombreux tissus, mais pas dans le cerveau.

• Effets permissifs :
Ils participent à la résistance au stress en augmentant le taux de glucose sanguin, et en rendant les vaisseaux sanguins plus sensibles aux autres médiateurs (les catécholamines) qui causent la vasoconstriction et font ainsi monter la pression artérielle.

• Effets anti-inflammatoires et immunosuppresseurs :
Les glucocorticoïdes diminuent les manifestations de l’inflammation en s’opposant quasiment à chaque étape à la cascade inflammatoire et en modulant la réponse immune. A fortes doses, ils affaiblissent la réponse immunitaire.
  • Effet du système hypothalamo-hypophyso-surrénal



Ce système a pour action principale de favoriser le métabolisme de base de l’organisme, en faisant fonctionner l’ensemble de notre corps avec une dépense accrue : « Il faut tenir le coup ». Ici, c’est une réaction d’endurance.
Les glucocorticoïdes, notamment le cortisol, sont les hormones les plus importantes dans la phase de résistance. Ces glucocorticoïdes ont une action différente de l’adrénaline et de la noradrénaline : ils contribuent à la production d’énergie nécessaire pour l’organisme. Selye remarqua que l’ACTH exerce un effet trophique sur la corticosurrénale qui devient hypertrophique à la suite d’expositions répétées au stress (Selye H. « A Syndrome Produced by Diverse Nocuous Agents », 1936).
Le système hypothalamo-hypophyso-surrénal est qualifié d’axe lent car il prépare l’organisme à résister aux stresseurs en déclenchant diverses réactions qui favorisent la production d’énergie. Les effets de ce système ne sont pas immédiatement ressentis dans le corps.


Figure 11 : Le système hypothalamo-hypophyso-surrénal
  • Synthèse des effets physiologiques du stress


Au cours de la phase d’alerte du syndrome général d’adaptation, les catécholamines (adrénaline et noradrénaline) vont permettre une mobilisation de l’énergie qui prépare l’organisme à la lutte ou à la fuite lors d’une réponse à un stimulus bref. Elles facilitent la transmission de l’influx nerveux et la contraction musculaire.
Lors de la phase d’endurance, les hormones hypophysaires vont agir sur différents organes. Les réactions physiologiques engendrées ont pour fonction de produire de l’énergie pour résister au stresseur. Les glucocorticoïdes (principalement le cortisol) ont un rôle majeur.
Lors de la phase d’épuisement, les capacités énergétiques de l’organisme s’épuisent, le pourcentage de glucose circulant chute, les cellules ne sont plus nourries correctement. Il se produit aussi une dérégulation des systèmes neuronaux et endocriniens, provoquant une élévation excessive du taux de glucocorticoïdes. Cette phase favorise l’apparition de pathologies.
Figure 12 : Schéma synthétisant les effets physiologiques au cours du SGA

Des études postérieures aux premiers exposés du SGA ont montré qu’il y a d’autres médiateurs chimiques et d’autres neuromodulateurs que les catécholamines et les glucocorticoïdes lors de la réaction de stress. Parmi eux, on retrouve la sérotonine, l’histamine, l’acétylcholine, ou encore la dopamine.
La sérotonine est principalement présente au niveau du tronc cérébral et elle se diffuse dans le système nerveux central. La transmission de sérotonine est impliquée dans la régulation des affects et peut entraîner une anxiété aigue lorsque le niveau d’activité de ce neuromédiateur est bas.
L’histamine est produite lors des réactions de stress. Elle provient de la région hypothalamique postérieure. Chez l’animal, les lésions expérimentales de cette région hypothalamique provoquent une diminution d’histamine et une diminution d’anxiété.
L’acétylcholine est libérée par le système nerveux sympathique lors des réactions de stress. En effet, le système nerveux sympathique est composé de deux neurones : le premier neurone (neurone préganglionnaire) libère de l’acétylcholine qui stimule le deuxième neurone (neurone postganglionnaire). Ce dernier libère de la noradrénaline.
Le stress provoque une accélération du métabolisme de la dopamine ainsi qu’un accroissement de la béta-dopamine hydroxylase. Cette enzyme permet de transformer la dopamine en noradrénaline.
Néanmoins nous savons que les réactions de stress sont principalement engendrées par les glucocorticoïdes et les catécholamines.
La majorité des chercheurs s’entendent pour dire qu’il y aurait certains facteurs de vulnérabilité biologique, ce qui peut expliquer notre inégalité de réaction face au stress, indépendamment de notre personnalité. « Un premier facteur serait la tendance à être « nerveux » au sens d’être toujours prêt à faire face au danger » (Marchand A. et Letarte A., « La peur d’avoir peur », 1993).
L’individu a tendance à être très réactif biologiquement à des changements environnementaux. Sur le plan neurobiologique, ces personnes réagiraient plus fortement au stress généré par les événements de la vie courante. « Un autre facteur de vulnérabilité biologique consisterait à ce que la réponse d’alarme soit plus sensible chez certains individus, c'est-à-dire qu’il faudrait des niveaux de stress moins élevés pour l’activer. » (A. Marchand).

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