Comment se protéger du stress au travail

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Avalanche d’emails, multiplication des réunions, demandes urgentes des clients et des managers, changements d’organisation… Dans un contexte économique difficile, la pression ne cesse de monter sur les salariés et la gestion du stress au travail devient une des préoccupations prioritaires des départements de ressources humaines. Car ce stress a un coût, pour les entreprises comme pour leurs collaborateurs. L’Organisation International du Travail, agence spécialisée de l’ONU, parle ainsi d’une « épidémie globale » dont les effets sont alarmants : absentéisme, moindre productivité des employés, santé du personnel et autres coûts sociaux. Aux Etats-Unis, l’impact économique du stress représenterait une perte de 200 milliards de dollars par an, alors qu’en France, son seul coût social (dépenses de soins, celles liées à l’absentéisme, aux cessations d’activité et aux décès prématurés) est estimé entre 2 et 3 milliards d’euros (1).

Comme le souligne le psychiatre Patrick Légeron dans un entretien au journal Le Monde (2), « si le stress d’il y a environ un siècle se caractérisait par une pénibilité physique (il suffit de relire Germinal), aujourd’hui, c’est la pression psychologique et des relations humaines de plus en plus difficiles qui expliquent le stress au travail. » Heureusement, il est possible de se protéger du stress, ou en tout cas de le limiter. Deux approches existent, et sont d’ailleurs complémentaires : la première, qui est plutôt du ressort de l’entreprise, consiste à réduire les causes du stress en organisant le travail différemment ou en corrigeant certaines méthodes de management (voir les solutions proposées par Ergotonic) ; la seconde, qui concerne en premier lieu les collaborateurs, consiste à augmenter sa propre résistance au stress en adoptant quelques techniques et règles de comportement, au travail même comme dans sa vie personnelle.

Au bureau, trois idées simples pourront protéger les salariés du stress : connaître ses limites, savoir dire « non » et cesser de procrastiner.

  • Connaître ses limites: la plupart de ceux qui ont connu un « burn-out » travaillent en général comme des forcenés – 12 heures d’affilée au bureau sont leur pain quotidien – et font preuve d’une conscience professionnelle exemplaire. Parfait, sauf qu’à force de se dépenser sans compter, ils ne savent plus s’arrêter, ni demander de l’aide lorsqu’ils sont dépassés…
  • Savoir dire « non »: comme l’explique le magazine Psychologies (3), « en entreprise, il existe un présupposé implicite selon lequel un salarié motivé est un salarié qui dit oui. Au risque de se voir confier toujours plus de tâches. » Ce qui peut mener à une surcharge de travail, et donc à la possibilité de bâcler certains dossiers. Mieux vaut apprendre à savoir refuser un projet quand les circonstances le justifient.
  • Cesser de procrastiner: remettre au lendemain ce que l’on peut faire le jour même sape insidieusement l’estime de soi, et fait le lit des stratégies d’échec les plus redoutables, selon Psychologies. La solution : ne pas se fixer un niveau d’excellence impossible à atteindre, et ignorer les sollicitations qui peuvent vous détourner de votre objectif.

En dehors du bureau, trois règles de vie fondamentales peuvent aussi contribuer à augmenter la résistance au stress : soigner son alimentation, mieux gérer son sommeil et se relaxer pour évacuer les tensions.

  • Soigner son alimentation: « En améliorant l’alimentation, on peut facilement offrir une meilleure résistance à la fatigue et au stress, explique le Dr Veronica Van der Spek, psychiatre et nutritionniste belge, lors d’un entretien sur Doctissimo.fr (4). Le magnésium par exemple est un élément essentiel qui apaise et qui permet de mieux résister au stress. » Il faut éviter l’excès de sel ou de sucre, car le stress génère une hormone – le cortisol – qui accroît déjà la glycémie dans le sang. Mieux vaut consommer des aliments antioxydants, tels que les fruits rouges, les betteraves, le brocoli ou l’ail, pour contrebalancer les effets néfastes du stress sur l’organisme.
  • Mieux gérer son sommeil : « Le pic de cortisol, l’hormone du stress, se produit vers 8 heures du matin avant de redescendre tout au long de la journée, explique le Dr Philippe Rodet au Journal du Net (5). Si vous avez une montée de stress à 19 heures, vous générez du cortisol et il vous sera compliqué de vous endormir le soir. » Il faut donc privilégier les rituels calmants et, surtout, bannir toute forme d’écrans – smartphone inclus ! – avant d’aller se coucher.
  • Se relaxer pour évacuer les tensions: Tai-chi, sophrologie, yoga… Les techniques de relaxation par la respiration, la visualisation ou la relaxation musculaire progressive activent les mécanismes de relaxation naturels du corps et contribuent à minimiser les effets du stress. « L’étude d’un groupe d’étudiants a montré que la pratique de la méditation réduit le niveau de stress et améliore l’expression de leurs capacités cognitives », souligne le Dr Philippe Rodet. Mais pour que ces techniques soient efficaces, il faut en faire une pratique régulière.

 

Sources :

  1. Etude de l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS)
  2. Le Monde, « Comment lutter contre le stress au travail ». Lien : http://www.lemonde.fr/societe/chat/2009/10/15/comment-lutter-contre-le-stress-au-travail_1254602_3224.html
  3. Psychologies, « Comment se protéger du stress au travail ? ». Lien : http://www.psychologies.com/Travail/Souffrance-au-travail/Stress-au-travail/Articles-et-Dossiers/Comment-se-proteger-du-stress-au-travail
  4. Doctissimo.fr, « L’alimentation permet de lutter contre le stress et la fatigue ». Lien : http://www.doctissimo.fr/html/nutrition/equilibre_plaisir/articles/14084-alimentation-contre-stress-fatigue.htm
  5. Journal du Net, « Se protéger du stress : 15 pistes à suivre ». Lien : http://www.journaldunet.com/management/vie-personnelle/se-proteger-du-stress/dormir.shtml

A propos de patrick Scherer

Patrick Scherer est journaliste il obtient un Bachelor of Art en 1984 à l'université de new york. Il a été le rédacteur en chef de PC Direct de 1992 à 1999 puis devient le rédacteur en chef adjoint du magazine ça m'intéresse et de divers autres magazines du groupe Prisma presse. A partir de 2005, il est le directeur éditorial de l'agence new BBDO. Puis il devient consultant indépendant à partir de 2013 et propose ses services de rédaction en chef et de direction éditoriale en tant que freelance.

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